Arsenic et Vieilles Dentelles

Une maison atypique dans un quartier résidentiel de Brookline. 

Mortimer Brewster vient annoncer à ses deux tantes Dorothy et Martha, qui l’ont élevé, son mariage avec Elaine, la fille du révérend Harper. Un après midi, il découvre, caché dans un coffre le cadavre d’un vieil homme. Ses deux tantes lui avouent alors, le plus ingénument et le plus naturellement du monde, qu’elles se sont fait une spécialité de supprimer les vieux messieurs seuls au monde en vue de les libérer de leurs fardeaux non sans prononcer pour eux des éloges funèbres.

La maison est aussi habitée par Theodora, sœur de Mortimer. Theodora est passablement folle : elle se prend pour le Président des Etats Unis et sonne la charge à tout bout de champ. C’est elle qui se charge de creuser les trous dans la cave pour les cadavres alors qu’elle croit participer à la construction du canal de Panama.

Mortimer pense tout d’abord que Theodora est l’auteur de ces crimes, mais il va vite se rendre compte que ce sont ses adorables tantes…

Apparaît alors Jonathan Brewster, frère de Mortimer et dangereux meurtrier psychopathe — accompagné du docteur Einstein qui l’a opéré plusieurs fois pour masquer son identité à la police — venu lui aussi cacher un cadavre dans la maison de ses tantes.

« Arsenic et Vieilles Dentelles » (Arsenic and Old Lace) est une comédie américaine en trois actes de Joseph Kesselring, adaptée en français par Pierre Brive. Elle a été créée à Broadway (New York) en 1941. L’œuvre s’inspire de deux tueuses en série américaines, Vera Renczi et Amy Archer-Gilligan.

« En 1941, alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage depuis déjà deux ans, Arsenic et vieilles dentelles, est jouée à Broadway à partir du 10 janvier. C’est un triomphe, elle reste à l’affiche pour 1 444 représentations. Il s’agit pourtant d’une comédie loufoque, et l’heure n’est pas au rire. En adressant tous les soirs un pied de nez à la mort, Arsenic et vieilles dentelles participe à l’effort de guerre. Le film que réalise Frank Capra en 1944, d’après la pièce, soutient lui aussi par ses rires le moral des soldats anglais et américains. »

Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Le Personnage, de la « Grande » histoire à la fiction, Paris, Nouveau Monde, 2013, 436 p. (ISBN 978-2-36583-837-5), p. 84-86